Sorry, I am not able to write my review in English.
Le 4 juillet 1982, Rafael Kubelik dirige le Choeur et l'Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, dont il avait été le chef principal de 1961 à 1979, pour une exécution de la Missa Cellensis in honorem Beatissimae Virginis Mariae (Hob. XXII : 5), appelée dans le programme Missa Sanctae Caeciliae, selon l'usage traditionnel (Cäcilienmesse, Messe de Sainte Cécile, Messa de Santa Ceselha), dans la magnifique basilique baroque d'Ottobeuren, une abbatiale bénédictine.
Rafael Kubelik a souvent réussi dans la musique de Haydn, dans un style moins marqué par la précision rythmique et la puissance que par la souplesse et la chaleur. Cela apparaît nettement dans une magnifique 99e Symphonie chez Orfeo que j'ai en cassette et qui est probablement celle qui suit Haydn: Symphonie Es-Dur Nr. 99; Mozart: Symphonies KV 183, KV 504 "Prager", mais aussi dans ce film où le chef, bras et mains immenses, dirige grâce à des gestes larges, simples et évocateurs, avec parfois un regard fiévreux ou un sourire de satisfaction, particulièrement à la fin du concert. Il existe un double CD comprenant plusieurs messes de Haydn, dont la Missa in Tempore Belli par Kubelik et la Missa Cellensis dans la magnifique interprétation de Jochum Haydn: Cäcilien-Messe; Paukenmesse; Kleine Orgelmesse [Germany].
Le quatuor vocal est de haut niveau. La soprano est Lucia Popp, pleine de l'aisance que donne la maîtrise technique, de charme et d'expression, achevant ses interventions les plus prolongées par un léger sourire qu'on peut interpréter comme triomphant. La contralto Doris Soffel, 34 ans, belle et bien bâtie, regard conquérant et décidé, ne manque ni d'homogénéité vocale ni de réserves de puissance, qu'elle utilise, on peut en avoir l'impression dans l'Incarnatus est, pour tenter de prendre la vedette face à un Kurt Moll impressionnant physiquement, mais qui ne se départit jamais de sa sobriété. Le ténor Horst Laubenthal, avec son aspect sérieux, austère, modeste et même un peu triste, nuance son chant avec précision et netteté.
Si c'était un CD, je n'aurais peut-être mis que quatre étoiles, je ne sais pas. Mais il y a comme une cohérence entre la rondeur optimiste du style de direction, la splendeur sensuelle du baroque bavarois de cette immense église et la variété des angles de vue que permet le montage, qui ne se prive pas de centrer l'image ou d'attirer l'attention sur deux des plus belles choristes, qui illustre fort opportunément et simplement l'Incarnatus est par une statue de Vierge à l'Enfant, avant de passer à un autre décor tout aussi splendide, la ressource ne manquant pas. Pourtant les choristes, par leur regard et leur chant, ne manquent pas de nous montrer que c'est une oeuvre de foi qu'ils interprètent. Mais on a compris que la sensualité est sollicitée tout autant dans ce spectacle sans défaut. Je crois que vous aurez de la peine à vous lasser de ce DVD.