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on 6 January 2006
Le narrateur est un policier résidant dans un bourg sans nom et les événements qu'il relate se sont déroulés à la fin de la première Guerre Mondiale. La complexité de la trame se reflète dans la difficulté qu'a le narrateur à la raconter. "Je ne sais pas trop par où commencer. C'est bien difficile." annonce-t-il d'emblée à la première page. Puis plus loin: "Tout cela a l'air bien embrouillé, comme un coq-à-l'âne cafouilleux, mais au fond, c'est l'image de ma vie, qui n'a été faite que de morceaux coupants, impossible à recoller." C'est précisément ce qui fait la qualité de ce roman de M. Claudel: cette mosaïque de morceaux coupants que le lecteur tente de recoller au fil de la narration et qui, une fois parvenu à la dernière page, offre à ses yeux une fresque imposante.
Le roman commence comme une intrigue policière. Il s'agit d'une "Affaire" qui a pour protagonistes Belle-de-jour, la fillette du patron du "Rébillon", qui est trouvée assassinée par strangulation au bord de la Guerlante. Pierre-Ange Destinat, procureur patriarcal et taciturne, qui pour une bonne partie du récit semble être coupable de l'assassinat et qui réside au "Château", une demeure qui prend souvent une importance de personnage principal dans le roman. Le juge Mierck et le colonel Matziev, deux représentant de la loi et de l'armée rébarbatifs, deux justiciers autoproclamés qui ingurgitent sans cesse des repas dont l'ampleur aurait gagné le respect de Gargantua. Lysia Verhareine, l'institutrice pour laquelle Destinat aura les sentiments romantiques de l'homme vieillissant et solitaire qu'il devient. Sans oublier le narrateur et sa femme Clémence qui connaîtra un sort tragique.
Tous ces protagonistes sont victimes de la guerre qui sévit et qui n'épargne personne. C'est elle aussi qui divise le bourg en deux clans: ceux qui souffrent parce qu'un des leurs est au front et les privilégiés qui ont échappé à la conscription. Tous évoluent dans la tristesse et la grisaille de cette année 1917. "Nos âmes, ni blanches ni noires, mais grises, joliment grises" écrit le narrateur à la fin de sa longue confession, lui qui a perdu le goût de vivre après le décès de Clémence, lui qui estime que toute sa vie "tient à ce dialogue avec les morts" et qui s'est résigné à vivre "dans le mystère, le doute, la pénombre, l'hésitation, l'absence de réponses et de certitudes."
Il a bien été témoin que les mots peuvent tuer aussi efficacement qu'une arme et que "c'est douloureux d'écrire. Ca fait mal à la main, et à l'âme", surtout pour parler des morts: "Il est si difficile de tuer les morts. De les faire disparaître. Combien de fois ai-je tenté de le faire"...
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on 14 October 2015
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